Comment effectuer un test d’intrusion efficace sur un réseau interne d’entreprise ?

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Introduction : les enjeux de sécurité des réseaux internes d’entreprise

Les réseaux d’entreprise sont aujourd’hui au cœur du système d’information. Ils interconnectent les utilisateurs, les serveurs, les applications métiers, les environnements cloud et parfois même les partenaires externes. Cette interconnexion permanente augmente considérablement la surface d’attaque et rend les infrastructures plus complexes à sécuriser.

Dans ce contexte, le test d’intrusion s’impose comme un outil essentiel pour évaluer le niveau réel de sécurité d’un réseau d’entreprise. Contrairement aux audits purement documentaires ou aux scans automatisés, il permet de mesurer ce qu’un attaquant pourrait réellement exploiter. Un test d’intrusion bien conduit offre une vision concrète des risques, priorise les vulnérabilités critiques et aide les équipes IT à renforcer durablement leur posture de sécurité.

Qu’est-ce qu’un test d’intrusion (pentest) réseau ?

Un test d’intrusion, ou pentest, consiste à simuler une attaque informatique dans un cadre contrôlé et autorisé. L’objectif est d’identifier les failles techniques, organisationnelles ou humaines pouvant mener à une compromission du réseau d’entreprise.

Dans le cadre d’un réseau interne, le test d’intrusion peut cibler notamment :

  • Les services réseau (SMB, LDAP, DNS, RDP, FTP, etc.)
  • L’Active Directory et la gestion des identités
  • Les mécanismes d’authentification et de contrôle d’accès
  • Les configurations réseau et systèmes
  • Les environnements hybrides (on-premise et cloud)

Le but n’est pas seulement de trouver des vulnérabilités, mais de démontrer leur exploitabilité et leur impact réel sur le métier

Pourquoi réaliser un test d’intrusion sur un réseau interne d’entreprise ?

Réaliser un test d’intrusion permet de répondre à des questions clés pour un RSSI ou un responsable IT :

  • Un attaquant interne ou externe peut-il accéder au réseau ?
  • Jusqu’où peut-il se déplacer une fois un premier accès obtenu ?
  • Est-il possible de compromettre l’Active Directory ou des comptes à privilèges ?
  • Les mécanismes de détection et de réponse sont-ils efficaces ?

Au-delà de l’aspect technique, le test d’intrusion réseau contribue à :

  • Réduire le risque de compromission majeure
  • Prioriser les actions de remédiation
  • Valider l’efficacité des contrôles de sécurité existants
  • Répondre à des exigences réglementaires ou normatives (ISO 27001, NIS2, etc.)

Les étapes clés d’un test d’intrusion efficace

1. Cadrage et préparation du test d’intrusion

Tout test d’intrusion commence par une phase de cadrage. Elle définit le périmètre, les objectifs, les contraintes et les règles d’engagement. Cette étape est essentielle pour éviter toute ambiguïté et garantir un test maîtrisé.

Elle inclut généralement :

  • La définition des actifs à tester
  • Le niveau de furtivité attendu
  • Les horaires d’intervention
  • Les scénarios autorisés ou exclus

2. Reconnaissance et cartographie du réseau

La phase de reconnaissance vise à comprendre l’architecture du réseau d’entreprise. Elle permet d’identifier les machines accessibles, les services exposés et les premières faiblesses potentielles.

Cette étape peut inclure :

  • La découverte réseau et l’inventaire des hôtes
  • L’identification des ports et services ouverts
  • L’analyse des versions et configurations

3. Identification et exploitation des vulnérabilités

Une fois les cibles identifiées, le test d’intrusion se concentre sur l’exploitation contrôlée des failles. Cela peut concerner :

  • Des vulnérabilités connues non corrigées (via des logiciels obsolètes)
  • Des mots de passe faibles ou réutilisés (dû à une politique de mots de passe faible)
  • Des erreurs de configuration (dû aux méconnaissances des collaborateurs en termes de cybersécurité)
  • Des faiblesses dans l’Active Directory (la surface d’attaque est simplement énorme et les erreurs communes)

L’objectif est de reproduire une chaîne d’attaque réaliste, sans provoquer d’indisponibilité.

4. Post-exploitation et élévation de privilèges

Le test d’intrusion réseau ne s’arrête pas à la première compromission. Il évalue la capacité d’un attaquant à se déplacer latéralement (on reprend les étapes 2 & 3 jusqu’à obtention de l’objectif) et ainsi :

  • Accéder à des données sensibles
  • Élever ses privilèges jusqu’à des comptes administrateurs
  • Atteindre des actifs critiques pour l’entreprise

5. Analyse, restitution et recommandations

La dernière étape consiste à documenter précisément les vulnérabilités exploitées, les chemins d’attaque et les impacts observés. Le rapport de test d’intrusion doit être clair, priorisé et exploitable par les équipes techniques.

Test d’intrusion du réseau interne – Le format « boîte grise »

Généralement, ce type de test est également appelé « test du stagiaire », « insider threat » ou « assumed breach ». En effet, le but est de mesurer l’étendue de l’impact en cas de compromission d’un des utilisateurs de l’entreprise.

Ainsi, ces tests sont effectués en boîte grise puisque le client fournit des informations partielles (comptes utilisateurs, schémas réseau).

Bonnes pratiques et erreurs courantes à éviter

Bonnes pratiques

  • Définir des objectifs clairs et mesurables
  • Adapter le test d’intrusion au contexte métier
  • Tester régulièrement, pas uniquement après un incident
  • Impliquer les équipes IT et sécurité dans la restitution

Erreurs fréquentes

  • Se limiter à un simple scan automatisé
  • Négliger la phase de post-exploitation
  • Produire des rapports trop techniques ou peu exploitables
  • Ne pas suivre les actions de remédiation après le test

La valeur métier et stratégique du test d’intrusion

Un test d’intrusion n’est pas qu’un exercice technique. Il permet de transformer des risques abstraits en scénarios concrets, compréhensibles par la direction. Il aide à justifier les investissements en cybersécurité, à améliorer la gouvernance du SI et à renforcer la résilience globale de l’entreprise.

Conclusion : passer à l’action

Effectuer un test d’intrusion efficace sur un réseau d’entreprise, c’est accepter de regarder sa sécurité telle qu’elle est réellement, pas telle qu’on l’imagine. En intégrant le test d’intrusion dans une démarche continue, les organisations gagnent en visibilité, en maturité et en capacité de réaction face aux menaces actuelles.

Un réseau testé régulièrement est un réseau mieux compris, mieux défendu et, surtout, moins vulnérable.

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